Atelier 10 : Recherche-Développement, Innovation-Action

Le monde de la recherche universitaire voit son modèle traditionnel fortement bousculé depuis quelques années et cette tendance s’est encore amplifiée avec la pandémie de covid-19. L’individu chercheur et les structures de recherches universitaires n’opèrent plus seuls. Ils sont désormais les parties prenantes d’un réseau complexe, où se mêlent des objectifs variés, qui ne sont pas nécessairement compatibles les uns avec les autres, et des intérêts publics, privés, nationaux, etc. De même, les relations entre acteurs relèvent souvent de dynamiques complexes où s’imbriquent partenariat et compétition. 

C’est bien ce modèle complexe, à l’échelle mondiale, qui a produit des résultats scientifiques de tout premier plan pendant la pandémie avec, notamment, la mise sur le marché de vaccins à technologie nouvelle en un temps record. Ce modèle est aussi replicable à d’autres échelles plus locales et fait participer les individus et les structures de recherche à des écosystèmes nouveaux, mais où le risque d’une fracture scientifique et technique est grand, particulièrement pour les pays du Sud. Or ceux-ci ont également beaucoup d’atouts à faire valoir, notamment en termes d’agilité organisationnelle et de fonctionnement en réseau. 

La faible valorisation des résultats de la recherche tire sa source principalement du manque de synergies entre les acteurs de la recherche et de l’innovation d’une part et les acteurs politiques et économiques d’autre part. Cette méconnaissance par les chercheurs des mécanismes de valorisation et de protection de leurs travaux conduit à un faible taux de transfert technologique vers les milieux économiques et, plus généralement, une diffusion limitée des résultats de la recherche qui dépasse rarement le cercle restreint des initiés.

  • Quel peut être le rôle des pouvoirs publics, en termes d’informations, de réseautage et d’incitations pour dépasser ce hiatus entre recherche et valorisation de ses résultats ? quels mécanismes peuvent instaurer une plus grande synergie entre acteurs de la science et acteurs économiques ?
  • Quelles structures mettre en place pour rapprocher les parties prenantes : pouvoirs publics, institutions de recherche, entreprises, société civile ?
  • Plus globalement, quel peut-être le rôle du réseau de la Francophonie scientifique porté par l’AUF dans ces dynamiques enchevêtrées ? Comment soutenir, porter et rendre opérationnels des projets scientifiques d’envergure mobilisant plusieurs universités ?